A l’occasion du soixantième anniversaire du Traité de Rome, nous avons proposé à nos bénévoles de nous livrer leur point de vue sur celui-ci. Alexis Biton, nouvellement arrivé à la Maison de l’Europe s’est prêté au jeu et nous fait partager – en trois épisodes – sa vision de jeune citoyen européen. Voici la dernière partie !

Il ne me parait pas pertinent de refaire la chronologie de la construction européenne, afin de développer les nombreuses choses positives initiées par le traité fondateur. D’une part parce que ce serait long et fastidieux pour vous lecteur, mais aussi parce que cela ne rendrait pas mieux compte des éléments fondamentaux induis par l’Union. Pour prendre conscience du caractère indispensable des politiques misent en place aujourd’hui par l’Union européenne, il suffit d’imaginer le fonctionnement des domaines l’impliquant, comme s’ils n’étaient pas communautarisés. L’agriculture et surtout la pêche fonctionneraient au bon vouloir de chaque État européen, sans optimisation et partage des ressources agricoles et sans quotas pour réguler une surpêche, qui finalement aura in fine des conséquences néfastes pour tous les États côtiers européens. En l’absence de règles contraignantes, la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique, où notre continent est à la pointe, serait absurde et inefficace comme il l’est malheureusement aujourd’hui dans le système mondial. Les réseaux de transport et d’énergie seraient gérés unilatéralement dans un monde globalisé où les axes de circulation se dessinent à l’échelle de continents.  Bref vous l’aurez compris, je pourrais décliner toutes les compétences et toujours parvenir à faire rejaillir le même constat : la communautarisation s’est progressivement développée par nécessité avant tout. Malgré toutes les critiques et remises en cause actuelles, c’est en pleine connaissance de cause que les États ont accepté de céder un peu de leur souveraineté à Bruxelles. L’Union les assiste dans la poursuite de l’objectif qui leur aura été donné : celui de répondre aux attentes des peuples et nations qu’ils représentent et qui forment désormais un peuple européen.

D’aucuns diront que si cet effort pour construire une Europe unie avait été fait en un autre temps, les désastres du XXème siècle auraient pu être évités. D’autres leurs répondent que s’il n’y avait pas eu ces deux guerres, nous n’aurions pas vu la nécessité d’une communauté européenne. Quoi qu’il en soit le traité de Rome a ceci d’extraordinaire : il a permis de concrétiser les espoirs des générations passées qui croyaient en une Europe des peuples qui s’élèverait au-dessus des considérations nationales. Il est aussi le point de départ d’une entreprise formidable appelée Union européenne, qui n’en finit pas de façonner des générations entières dans le laboratoire de la conscience européenne et du vivre ensemble. Lorsque le projet d’Europe est malmené, il suffit de regarder au loin dans le passé, jusqu’à cette fameuse journée du 25 mars 1957, et de mesurer avec émerveillement tout le chemin parcouru.

Alexis Biton