Dix mois sont presque passés. C’est-à-dire que mon volontariat et mon séjour en France termineront très bientôt. Il est donc temps d’essayer d’en faire un bilan. Qu’ai-je appris ? Qu’ai-je bien aimé ? Quelles étaient les difficultés ?

J’arrivais en septembre 2017 avec un français scolaire et des idées très romantiques sur la France. A l’époque, je connaissais une autre version de la France : celle de la Côte d’Azur et celle de l’Alsace. La France était les vins, Edith Piaf, cigarettes, révolutions et soleil.  Nantes et l’ouest en général m’étaient inconnus.

Je me suis installé dans ma colocation, et voilà le premier choc : français 24 sur 24. Français au travail aussi, français pour les animations scolaires, partout… le premier mois j’étais claqué chaque jour de traduire dans ma tête en continu. En plus, la plupart de mes amis refusent de parler le français comme je l’avais appris. Voiture ? Bagnole ! Femme ? Meuf ou nana ! Argent ? Tune, fric, oseille – rien à voir ! La galère – et je ne vais même pas parler du verlan…

Avec ma collègue Laura, nous avons fait ensemble les premières interventions scolaires. Arrêt cardiaque la première fois ! Vont-ils me comprendre ? Et si j’oublie de vouvoyer le professeur ?  Mais nous avons vite trouvé une routine, une habitude, et grâce à l’immersion linguistique totale, j’arrivais même à discuter librement avec les étudiants après quelques mois. Déjà de voir comment les écoles fonctionnent étaient pour moi une expérience – par contre, je n’ai toujours pas trop compris la nomination des classes en France !

Je me suis mis à me faire des amis, des connaissances et de connaître la ville et ses mystères. Nouvel aéroport, oui ou non ? Bretagne, oui ou non ? Difficile à naviguer pour un étranger ! Plus facile d’aller découvrir la cuisine : la raclette, les galettes, les vins, les fromages, boudins blancs et, bien sûr, le plat national français : la merguez !

J’ai eu la chance, bien sûr, de voyager en France. J’ai visité Narbonne, Paris, Lyon, La Rochelle, Rochefort… et plus proche, presque tout le département ainsi que la Mayenne. En plein milieu aussi des grèves SNCF ! Mais les gares sont propres et j’adore l’idée de mettre à disposition un piano pour les passagers. Bravo !

Mais alors, le bilan.

Quelles étaient les difficultés :

  • La barrière linguistique
  • La politesse formelle – à qui faut-il faire la bise, qui peut-on tutoyer ?
  • Me sentir « sécurisé » en naviguant les deux à la fois !

Qu’est-ce que j’ai appris ?

  • La langue – j’ai même réussi à faire un diplôme linguistique.
  • Etre plus diplomatique qu’avant.
  • Parler à des publics très différents
  • Comment expliquer des choses d’actualité ou de l’UE à des publics qui n’en ont pas de connaissances.
  • Les choses nécessaires pour s’installer dans un pays que l’on ne connaît pas avant.

Qu’est-ce que j’ai bien aimé :

  • Les paysages : la France est belle !
  • Les pianos dans les gares
  • Les libraires : vaste choix de tout !
  • Les vins et les fromages et surtout la combinaison des deux.
  • Les terrasses
  • Les gens que j’ai rencontrés

Enfin, mon grand espoir est d’avoir ouvert les horizons des étudiants avec lesquels j’ai parlé. J’espère les avoir motivé à voyager, apprendre des langues étrangères, faire un volontariat à l’étranger, de leur avoir montré que le monde autour est une source d’expériences et connaissances. S’il y a au moins un étudiant qui a été inspiré par ce que j’ai raconté pendant mes animations, c’est déjà bien.

Il ne reste donc que de dire un gros merci à tous. Aux volontaires de la Maison de l’Europe dont j’ai fait la connaissance. A l’Institut Francophonie pour le français (et surtout à ma prof). A tous les enseignants qui m’ont accueilli dans leurs écoles, discuté avec moi et pour leurs retours. A tous mes amis et connaissances nantaises, françaises et internationales partout en France. A mes deux colocataires pour toute l’année passée ensemble. Et finalement à l’équipe de la Maison de l’Europe. Merci de m’avoir choisi, accueilli, formé, de m’avoir expliqué l’océan de choses que je ne connaissais pas, de m’avoir aidé là où j’avais du mal moi-même. Chapeau !

Gros bisous J

Alexandros