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« C’est aux citoyens de poursuivre le projet européen »

« C’est aux citoyens de poursuivre le projet européen »

Entretien avec Georges Garot, député européen de 1997 à 2004 et ancien Président de la Maison de l’Europe en Mayenne de 2002 à 2008, actuellement Vice-président de la Fédération Française des Maisons de l’Europe. Retour sur le parcours de cet homme politique français qui nous livre une approche de la citoyenneté européenne.

La citoyenneté européenne apparaît sur le plan constitutionnel dans le Traité de Maastricht signé le 7 février 1992. Dans quel contexte politique sommes-nous en Europe ? Georges Garot : La citoyenneté européenne apparaît en effet en droit avec le traité de Maastricht mais il faut remonter bien plus loin dans les débats pour retrouver les origines de cette idée de citoyenneté européenne. Dans la situation post-Seconde Guerre Mondiale, on assiste à un sentiment de défiance et de tension entre les Nations. En France, par exemple, au cours des années 60, la population vit mal l’idée d’un éventuel réarmement de l’Allemagne. Et dès le départ, les chefs d’Etats prennent le contre pied de leurs opinions publiques en souhaitant la création d’une Communauté Economique du Charbon et de l’Acier (CECA) qui voit le jour en 1954, puis d’une Communauté Economique Européenne(CEE) effective en 1957. Face au rôle prépondérant des Etats, les hommes politiques prennent là la décision courageuse d’octroyer une part de leur souveraineté à cette Union naissante. Les « pères » fondateurs de l’Europe, comme Robert Schuman par exemple, font de ces « solidarités de fait » un des enjeux fondamentaux de la reconstruction de l’Europe. Le processus est en marche. On encourage alors à la création de comités de jumelage afin de permettre aux peuples de réapprendre à discuter ensemble. Dans ce contexte, la place des citoyens est réaffirmée et ces derniers vont voter pour la première fois au suffrage universel pour l’élection du Parlement européen en 1979. Quelle place accorde-t-on alors aux citoyens européens? Georges Garot : Les Etats européens ont la volonté de renforcer la démocratie dans le fonctionnement de leurs institutions. La citoyenneté européenne posée telle qu’elle dans l’article 8 du traité de Maastricht de 1992 se présente donc comme le fruit d’un processus long d’échanges et de réflexions. Et malgré le caractère inachevé qu’on accorde alors à la définition de cette citoyenneté européenne, elle devient une dimension de plus de la citoyenneté nationale et à laquelle elle s’ajoute. Le citoyen acquiert donc une citoyenneté supranationale au-delà de sa citoyenneté nationale, et qui lui transmets des droits comme celui de libre circulation dans l’espace Schengen. En 1997, vous devenez député européen puis Président de la Maison de l’Europe en Mayenne en 2002. Cela a-t-il été pour vous une manière de donner du sens à ce projet d’Europe des citoyens ? Georges Garot : Non, je me suis simplement retrouvé dans la continuité d’un parcours. Très tôt, j’ai pu m’engager pour la reconstruction de l’Europe. Après avoir été un des Responsables Européens du Mouvement International de la Jeunesse Agricole et Rurale Catholique (MIJARC), j’ai participé à l’organisation du rassemblement de 20 000 jeunes à Stuttgart en 1965. La jeunesse devait alors prendre connaissance de ce projet européen et affirmer sa participation à celui-ci. Les jeunes ont conscience de la mise en marche de cette nouvelle Europe et pour laquelle ils savent qu’ils ont un rôle déterminant à jouer. Par la suite, je me suis présenté aux élections européennes de 1994 avant d’être élu en 1997. C’est donc le résultat d’un engagement de longue date. Quelle sont les missions de la Maison de l’Europe en Mayenne à cette époque ? Georges Garot : Encore aujourd’hui, les missions principales de la Maison de l’Europe sont riches et variées : l’information générale autour des questions européennes, le rapprochement de l’Europe vis-à-vis de ses citoyens, l’expression et le relais de leurs besoins, l’ouverture à tous des débats dans une véritable dimension pluraliste, la communication sur les programmes de mobilité… Nous avons également poursuivi le travail qui avait été engagé par Monsieur Le Godais, ancien Président de la Maison de l’Europe en Mayenne, à destination des scolaires et autour de l’information qui avait pu être développée au sujet de l’euro. Les actions d’information et de responsabilisation des citoyens constituent les principales missions de notre association. Quelles limites connaît la Maison de l’Europe en Mayenne dans le début des années 2000 ? Georges Garot : Rapidement, il a fallu pérenniser notre association et fédérer les initiatives. En Mayenne, nous sommes sur un territoire rural au sein duquel la vie associative est très riche (comités de jumelage, associations sportives, etc.). Nous avons mis en place une stratégie s’appuyant sur le développement de l’intercommunalité afin de réunir les acteurs locaux comme les communes et les associations. Ensuite, les partenaires publics, à l’image du Conseil Général de la Mayenne et du Conseil Régional des Pays de la Loire, nous ont également apporté leur soutien jusqu’à obtenir de la Commission Européenne le « Label Europe Direct » en 2006. Il récompense les efforts fournis par les membres et les partenaires de la Maison de l’Europe en Mayenne. Vous quittez officiellement vos fonctions de Président de la Maison de l’Europe en Mayenne en 2008 et vous êtes actuellement Vice-président de la Fédération Française des Maisons de l’Europe. Quel constat dressez-vous de la participation des citoyens au projet européen aujourd’hui ? Georges Garot : Je suis préoccupé par la situation d’aujourd’hui. Le taux de participation des citoyens français aux dernières élections européennes de 2009 se situe à 40,6%. Il est donc indispensable de poursuivre notre mission de relais de l’information tout en rentrant véritablement dans le décorticage de l’actualité européenne et des politiques européennes menées. Dans ce contexte de crise, il y a une tendance à ne plus croire en rien et à un repli sur soi. Certes, les gouvernants ont leur part de responsabilité, mais je crois qu’ils assument aujourd’hui plus qu’hier les décisions prises à l’échelon supranational. Nous devons nous approprier ces débats et je ne crois pas que la solution à ces crises que nous vivons soit de remettre toute la faute sur Bruxelles qui peut dans bien des cas nous aider à résoudre les problématiques actuelles et à poursuivre ce projet européen. Propos recueilli par Gonzague Bouhours [g.bouhours@maisoneurope-nantes.eu] Lundi 4 mars 2013 Retrouvez l’actualité de la Maison de l’Europe en Mayenne et de la fédération française des Maisons de l’Europe

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