Le mois de mars verra les résultats de trois élections générales ou présidentielles en Europe, celle d’Italie, d’Arménie et de Russie.

Les élections en Italie sont prévues pour le 4 mars, et les deux grands hommes politiques y participant sont Matteo Renzi, premier ministre entre 2014-2016 et Silvio Berlusconi, premier ministre entre 1994-1995, 2001-2006 et 2008-2011 – les deux visages déjà connus par les électeurs. Les italiens voteront pour les 630 membres de la Chambre des Députés et pour 315 membres du Sénat.

Les dernières années l’Italie a connu plusieurs challenges politiques. Des mouvements populistes ont vu le jour, comme la Lega Nord ou le Mouvement de Cinq Etoiles, M5S. La crise des réfugiés a été très prononcée en Italie qui a reçu un grand nombre de demandeurs d’asile et de migrants – légaux et illégaux. Cette situation donne du grain à moudre à des partis de droite anti-immigrants. Le changement de la constitution proposé par le gouvernement Renzi pour diminuer les pouvoirs du Sénat a échoué. Les élections auront ainsi lieu dans un contexte politique plutôt fragile. Le système électoral a été changé en Octobre 2017, cela sera donc la première fois que l’on votera selon lui. La plupart des partis qui participeront aux élections appartiennent à une des deux grandes coalitions : la coalition de centre-gauche avec comme plus grand parti le Parti Démocrate de Matteo Renzi, et la coalition de centre-droit ayant le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi comme plus grand parti.

Les élections en Arménie sont des élections présidentielles et auront lieu le 9 mars. Le système politique de ce pays est en train de changer, car on est passé par un référendum en 2015 d’un système semi-présidentiel à un système parlementaire. La durée du mandat du président sera de sept ans et non-renouvelable au lieu des cinq ans renouvelables deux fois que le pays utilisait jusqu’ici. Le rôle du président sera plutôt cérémoniel et son élection passe de directe à indirecte – c’est-à-dire il ne sera plus élu par les citoyens, mais par le parlement. Il doit être non-partisan et sa candidature doit être soutenue par au moins un quart des députés. A l’heure actuelle, le seul candidat au titre est Armen Sargsian.
Les deux grands thèmes de politique extérieure du pays restent le conflit avec l’Azerbaïdjan dont une partie est sous le contrôle des séparatistes arméniens ayant proclamé la République d’Artsakh dans la région de Haut-Karabakh, ainsi que les relations avec la Turquie. Ce désaccord se base sur la non-reconnaissance de Turquie du génocide arménien et les frontières entre les deux pays sont fermées.

Le dernier pays à se préparer pour des élections en mars est la Russie, également pour élire un président. Depuis 2008, le mandat du président est prolongé de quatre à six ans et un président peut faire maximum deux mandats consécutifs. Le président actuel, Vladimir Poutine a annoncé qu’il va se présenter pour ce qui serait son deuxième mandat consécutif comme président. Les élections sont d’ailleurs directes. La Russie se trouve actuellement dans une situation où le pays, d’un côté, s’est relancé comme une puissance majeure dans le monde (annexion de la Crimée, soutien d’al-Assad en Syrie, siège permanent dans le Conseil de Sécurité d’ONU) et de l’autre côté une situation où ses partenaire ne sont pas forcément d’accord avec les politiques menées par Russie.

Alexandros Minousis-Gram

20 février 2018