L’adoption de l’euro était attendue depuis 2007, date d’une première tentative ratée pour cause d’inflation trop élevée. Ce 1er janvier, après ses deux voisins baltes, la Lituanie est devenue le 19e membre de la zone euro. L’euro a remplacé le litas au taux de conversion irrévocablement fixé à €1= LTL 3,45280. La pièce d’un euro est ornée de l’emblème national lituanien, un cavalier muni d’une épée et d’un bouclier.

La plupart des habitants étaient assurés que tôt ou tard, cela arrivera quand même. À vrai dire, tous n’étaient pas optimistes: selon un sondage publié en novembre par la banque centrale, sur trois millions d’habitants, quelque 53% soutiennent le passage à l’euro et 39% sont contre. Selon la présidente Dalia Grybauskaite, pour la Lituanie c’est « un symbole d’une plus grande intégration économique et politique avec l’Occident ». La Lituanie affiche une des croissances les plus rapides de l’Union européenne et les Lituaniens passent à l’euro sans accroc. Les entreprises attendent presque avec impatience d’être arrimées à cette zone, gage de stabilité politique.

Malgré le risque de voir les prix s’envoler, la Lituanie a beaucoup d’autres soucis. Le chef de la direction du service des Pays Baltes du centre de politologie Nord-Sud Sergei Rekeda explique: « Le problème principal de l’appartenance à l’Union Européenne pour les républiques baltes est la dépopulation, parce qu’une quantité non négligeable de gens partent travailler à l’étranger. Et dans les Pays Baltes, on n’a pas réussi à atteindre un niveau de vie économique égal à celui de la « vieille Europe ». Et dans l’immédiat, il ne sera pas atteint, parce que leur position au sein de l’UE sur le plan stratégique ne prévoit pas cette comparaison. Pour l’UE, c’est une source de main d’œuvre, elle ne tient pas du tout à développer leur économie. « Il est estimé que les Pays Baltes sont considérés en Union Européenne non seulement comme une source de main d’œuvre bon marché, mais aussi comme une sorte de zone tampon entre la Russie et l’Europe.

Les Pays Baltes, sortis d’un demi-siècle d’occupation soviétique au début des années 1990, ont rejoint l’UE et l’OTAN en 2004. Aujourd’hui, ils observent avec inquiétude la politique du Kremlin en Ukraine et l’activité intensifiée des forces armées russes à proximité de leurs frontières. Le ministre lituanien des Finances Rimantas Sadzius a estimé récemment que « des raisons de sécurité sont parmi les causes du soutien populaire à l’euro ». La Lituanie a opté pour l’euro dans l’espoir de mieux s’arrimer à l’Ouest face à d’hypothétiques ambitions de Moscou. Pour mes amis les bénéfices de l’adoption de l’euro sont évidents.

L’euro « conduit vers une plus grande intégration dans l’UE et rend les voyages plus faciles », dis-ils. De plus pendant la fête européenne de mercredi soir (Le 31 Décembre) les clients des bars ont eu la possibilité de déguster des « cocktails euro » – sans alcool… Malgré le fait que les cartes de paiement n’ont pas fonctionné pendant quelques heures.

Egle Rauste