Le Prix Sakharov 2015 pour la liberté de l’esprit a été décerné au blogueur saoudien Raif Badawi, suite à la décision du Président du Parlement européen Martin Schulz et des chefs de file des différents groupes politiques.

Le respect des droits de l’homme est l’une des valeurs fondamentales de l’Union européenne. Toute violation de ces droits met à mal les principes démocratiques sur lesquels est fondée notre société, qu’elle soit commise dans l’Union européenne ou en dehors de l’Union. Le Parlement européen lutte contre ces violations au travers d’initiatives législatives, y compris de l’observation des élections et des débats sur les droits de l’homme qui ont lieu chaque mois à Strasbourg, ainsi qu’en intégrant les droits de l’homme dans les accords de commerce extérieur. Le Parlement européen soutient également les droits de l’homme en décernant chaque année le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, créé en 1988.

Le prix est décerné à des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde, et attire l’attention sur les violations des droits de l’homme tout en apportant un soutien aux lauréats ainsi qu’aux causes pour lesquelles ils se battent. « Raif Badawi a eu le courage de faire entendre sa voix et de dire non à leur barbarie : c’est la raison pour laquelle ils l’ont fouetté », a déclaré Ensaf Haidar, l’épouse du lauréat du Prix Sakharov 2015 Raif Badawi. Le blogueur saoudien est toujours emprisonné et n’a donc pas pu recevoir son prix en personne ce mercredi 16 décembre. Il a été récompensé par le Parlement européen pour son combat en faveur de la liberté de pensée en Arabie saoudite.

Cette année le prix Sakharov a été remis à Raïf Badawi « Raif Badawi est devenu un symbole et une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent en faveur des droits fondamentaux dans la région et au-delà », a déclaré le Président du Parlement européen Martin Schulz lors de la cérémonie de remise du prix. « Malgré un risque important, Raif Badawi a tenté avec courage de favoriser la libre pensée et a exercé son droit à la liberté d’expression, remplissant le vide laissé par l’absence d’une liberté de la presse dans son pays ».

Martin Schulz a demandé au roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz Al Saoud de gracier immédiatement le blogueur et de le libérer sans conditions. Il a également demandé aux autorités saoudiennes de « mettre fin à la répression systématique de l’expression pacifique », faisant référence à Waleed Abu al-Khair, Abdulkarim Al-Khodr, Ashraf Fayadh et Ali Mohammed al-Nimr. Martin Schulz a rappelé que le pays avait été élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. « Rien ne nous empêchera de lutter pour les droits de l’homme, ni la terreur, ni un système pénal inhumain. Arguments sécuritaires, accord sur les armements, argent du pétrole,… Tout cela ne nous dissuadera pas », a-t-il ajouté.

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