Soupçonnés d’être les véritables décideurs à Bruxelles, comment les lobbies interviennent-ils dans le processus décisionnel européen ? Le terme « lobby » (ou « groupe d’intérêt ») ne recouvre pas seulement l’action des grandes firmes internationales. Les multinationales usent effectivement de leurs ressources financières, sociales (leur réseau) et sociétales (leur poids sur l’opinion publique) pour essayer d’influencer la prise de décision au sein de l’Union européenne, mais de nombreux autres groupes d’intérêt essayent eux aussi d’avoir un poids auprès des institutions. Un groupe d’intérêt peut être défini comme « une organisation constituée qui cherche à influencer les pouvoirs politiques dans un sens favorable à son intérêt » (Saurugger S., 2014).

La nature des groupes d’intérêts est ainsi très diverse, allant d’une association patronale comme Business Europe qui représente une quarantaine d’organisations patronales d’une trentaine de pays (dont le MEDEF français) à une union des gardes-forestiers européens par exemple. Une entreprise, une ONG, une université ou encore une fondation religieuse peuvent se constituer en groupes d’intérêt… Chacun dispose donc de ressources et d’accès aux institutions différents, ce qui a un impact sur le poids qu’elles peuvent avoir auprès des pouvoirs publics.

Les groupes d’intérêts ont plusieurs moyens d’action pour essayer d’influencer la prise de décision de l’Union européenne : contacts personnalisés avec les membres d’institutions européennes, presse, campagnes de mobilisation, think tanks, participation à des groupes consultatifs et de travail… les possibilités d’action sont vastes.

Pour autant, la transparence des activités de ces lobbies a augmenté ces dernières années avec la création d’un registre européen de transparence. Celui-ci impose d’être inscrit pour accéder aux institutions, tandis que les commissaires doivent informer des rendez-vous pris avec ces groupes. Les groupes d’intérêt représentent également une source d’expertise pour les députés et les fonctionnaires. Ils sont en effet au contact du terrain et des réalités économiques et sociales. Tout dépend ensuite de la réception qui est faite de cette expertise de la part de ceux qui demandent l’information. L’enjeux réside dans la faculté à faire le tri et surtout à consulter une pluralité d’acteurs qui leur permettra de se forger une vision complète de la situation.

 

Source – le Magazine Toute l’Europe -2017 – Retrouvez l’intégralité de l’article en suivant ce lien.